Une impossible quête de vérité... ou les raisons d'être de ce blog

29/08/2020

Une impossible quête de vérité... ou les raisons d'être de ce blog

Je suis citoyen français comme vous !

 

Comme des millions d’autres citoyennes et citoyens français je pense que nous vivons en démocratie et je souhaite me tenir informé.

Notre démocratie n’est pas parfaite, elle est en « crise », mais cela est un autre débat.

 

Avec la pandémie du Covid 19 nous traversons une période particulière. La pandémie a mis en lumière les dysfonctionnements de notre pays, de l’accès à l’information, de la place des débats, du rôle des réseaux sociaux, de la confiance en la parole des représentants politiques, de l’État...

 

La première préoccupation en démocratie est de pouvoir se faire une opinion.

Les médias – généralistes, d’opinions ou spécialisés - devraient être la première source d’informations.

 

Pour pouvoir librement choisir comme citoyenne et citoyen, nous devons avoir confiance en la presse écrite, radiophonique, télévisuelle ou d’Internet, dans les médias en général.

 

La question de la confiance et des sources est centrale.

 

Cette confiance semble rompue depuis un certain nombre d’années.

Fake news ou fausses nouvelles, complotismes, manipulation des informations dominent tous les canaux de communication.

 

Les réseaux sociaux, caisse de résonance, ont accentué cette perte de confiance, tout en ouvrant de nouvelles possibilités. L’échelle des valeurs, les croyances ou opinions qui nous servaient de repères se brouillent ou disparaissent.

 

Ce qui fondait l’essence même de la politique se transforme en une pseudo morale, mâtinée de religiosité et d’un manichéisme facile ayant rompu de nombreux liens avec les héritages légués par l’histoire.

Il y a des affirmations, des twits, des slogans « prêt à penser », mais plus de raisonnement.

La France aurait-elle oublié Descartes, Voltaire, Hugo et combien d’autres ?

 

Le lien semble aussi rompu avec le monde politique.

 

Nos cerveaux engourdis par une société de consommation en crise, assistent à une confiscation du débat public par des « experts », des « spécialistes », souvent auto-proclamés ou présentés comme tel par les médias.

Les chercheuses et chercheurs de l’Université, celles et ceux travaillant sur un Savoir académique, celles et ceux qui ont besoin de temps pour produire une réflexion, semblent avoir disparu de nos écrans radars. Ils deviennent inaudibles.

 

Emballement, esprit partisan, idées courtes, passions, dénonciations, anathèmes, violences verbales sont devenus le quotidien de nos informations.

La concentration de la quasi totalité des médias français entre quelques mains ajoutent à notre défiance envers eux. - https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/PPA -

Une bataille d’intérêts fait rage pour quelques unes et quelques uns et nous sommes devenus otages d’une logique que nous ne comprenons plus. L’idée même de Nation, creuset de la définition de citoyenne et citoyen, semble s’estomper, et, aveugles, nous cherchons, et, sans repères, nos croyances sont happées par quelques gourous-prophètes, usant de discours faciles et simplistes, mais rassurants.

 

Est-ce que je peux échapper à cette logique infernale, à cette défiance ?

Puis-je me faire une opinion en tant que simple citoyen ?

Puis-je, par exemple, avoir un avis sur les débats qui ont fait rage sur les traitements du Covid-19, sur les décisions de nos gouvernants, des lobbies industriels, pharmaceutiques ?

Le professeur Raoult ? Nouveau Galilée ou manipulateur ?

 

Je suis professeur d’histoire et de géographie ! Je ne suis ni médecin, ni entrepreneurs, ni membre de la confrérie des « décideurs » politiques, je n’appartiens, qu’humblement, à la société civile.

 

Si j’émets une opinion, des accusations multiples et souvent culpabilisantes vont s’abattre sur moi.

Vous n’êtes pas spécialistes, vous êtes populistes, vous n’appartenez pas à la classe politique, vous ne pouvez pas comprendre !

 

Me reste-t-il un droit d’exercer quelque part mon statut de citoyen ?

 

Pourquoi me feriez-vous plus confiance dans ce contexte trouble, où la parole « officielle », même mensongère restera plus forte ?

 

C’est bien parce que je suis professeur d’histoire et géographie que je vais utiliser mes connaissances, mais plus encore que ces dernières, que je vais faire appel à la démarche, à la logique, aux raisonnements, aux sources, pour que, non, moi seul, mais ensemble nous refondions une confiance.

 

C’est le but de ce blog.

 

Le premier de nos droits, et je le considère comme légitime et acquis, reconnu par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, intégré dans les Constitutions de nos Républiques et plus particulièrement dans la dernière, la Constitution de 1958, instituant la V République, est celui d’exercer nos droits de citoyenne ou citoyen souverains.

 

Ainsi, avant même d’émettre une opinion, de « prendre parti », de débattre, mon premier mouvement est de me poser des questions pour rechercher « une vérité ».

 

Se poser des questions, oui mais lesquelles ? Dans quelle direction orienter mes recherches ?

 

C’est donc la démarche qui est essentielle. Vous vous souvenez de Descartes ?

 

Premier rappel – Descartes publie le « Discours de la méthode » en 1637, quatre ans après le procès de Galilée, défendant l’idée de l’héliocentrisme, mais condamné par l’Église.

 

Deuxième rappel – le sous titre de son ouvrage : « Pour bien conduire sa raison, et chercher la vérité dans les sciences »

 

Pour en savoir plus sur la méthode de Descartes - https://www.philolog.fr/les-regles-de-la-methode-descartes/comment-page-1/

 

Cette démarche je l’ai appliqué et enseigné à mes élèves, en insistant tout particulièrement sur les sources.

Par ailleurs, le questionnement, ce que Descartes nomme le cogito, nous le traduisons en histoire par la problématique. Posez la bonne question pour pouvoir y répondre par une démonstration argumentée avec des exemples, en citant ses sources, dans le cadre d’un plan organisé !! Et voilà que l’histoire nous prépare à être citoyenne et citoyen, à réfléchir !

 

Arrêtons nous un instant pour mieux comprendre !

 

Je suis devant mon ordinateur, je cherche !

Je tape des mots clés, les modifie et cherche à contourner les algorithmes.

C’est un feu d’artifices, un champ de mines d’informations et de sites qui jaillissent devant moi.

Et toujours je me pose la même question, les sources. Qui ? Quand ? Où ? Comment ? Contexte ?

 

Les titres les plus raccrocheurs et les plus extravagants où le mot « vérité » apparaît défilent sur votre écran. Des sites sérieux, à grands renforts d’experts, de mise en page et de belles phrases peuvent vous séduire.

Mais quand vous cherchez le « à propos », le « qui », le « about »… personne au bout de la ligne. C’est mauvais signe. Les complotistes, les extrémistes et autres originaux se cachent bien souvent derrière.

Il reste la grande presse, les grands médias, ceux que nous connaissons depuis des années, ceux avec lesquels nos parents et nous mêmes nous avons grandi… Mais, voilà, que sans pour autant mentir, ils présentent une certaine réalité, celle définie par le rédacteur en chef, par les quelques propriétaires. Non, ils n’ont pas forcement menti, ils ont juste parfois omis de vous donner les autres versions, de vous donner des informations capitales…

Par exemple le 17 mars 2020, le gouvernement italien autorise l’utilisation générale du traitement à l’hydroxychloroquine, quand le 23 mars 2020, le ministre français de la santé en interdit l’usage en France… Quel média mainstream a relayé l’information italienne ?

 

Il est donc difficile de se faire une opinion.

 

Nous ne pouvons pas pour autant renoncer.

Il nous faut redonner du sens, et, pour cela, seule la démarche et les conditions que nous poserons ensemble permettrons de retrouver une information de qualité.

 

Je reste à la fois dans mon rôle de professeur et de citoyen.

L’honnêteté intellectuelle est primordiale dans cette démarche et elle permet de dépasser les clivages politiques.

 

Il faut exposer les faits et rien que les faits ! « les faits sont têtus »…

La démarche relève donc de la logique, scientifique donc, dans les pas de Descartes et d’une démarche intellectuelle.

 

Je vous vois venir. Nous progressons lentement !

Le chemin pour rétablir la confiance est long.

Exercer sa citoyenneté demande quelques efforts et un peu de patience.

 

Mettons-nous d’accord sur la démarche et la méthode.
« La méthode de Descartes, reposant sur l'intuition rationnelle et la déduction, ne serait rien sans le doute : – Le doute cartésien n'est pas sceptique, mais méthodique», c’est donc le mode d’acquisition des connaissances.

Mettons-nous d’accord sur les conditions, c’est à dire le protocole, pour pouvoir comparer ce qui est comparable.

 

La langue française est centrale dans la démarche.

Le choix du vocabulaire révèle l’honnêteté intellectuelle de la personne qui écrit ou du média qui la diffuse.

Ainsi l’affirmation de « controversé » Professeur Raoult est un choix tendancieux.

C’est à la fois une réalité, mais aussi une manière d’instiller le doute.

Pourquoi ne pas titrer alors le « controversé » Olivier Véran, ministre de la santé ?

 

La médecine avec les docteurs sont là pour soigner.

La recherche scientifique demande un temps plus long, et les chercheurs doivent apporter des réponses, dans une logique d’indépendance de tout intérêt financier, économique ou partisan.

Les politiques élus, ou en charge de l’exécutif, se doivent de prendre des décisions, non sous la pression de lobbies, mais dans la préoccupation de servir la Nation.

 

Nous savons que cela n’est pas le cas. Je ne serai pas en train d’écrire cet article !!

 

Les partis ou mouvements politiques ont nécessairement une vision « partisane » dans les choix des politiques de santé. D’autres influences, comme les choix moraux ou les choix de société viennent interférer dans les décisions finales.

C’est donc la démarche qui nous permet de nous extraire de visions biaisées pour avancer à partir de connaissances et de faits.

 

Les conclusions peuvent apparaître comme éloignées du sujet qui nous préoccupe en ce moment, à savoir, la pandémie du Covid 19.

 

Nous devons nous mettre au travail, ensemble, patiemment, avec ténacité, avec rigueur, pas à pas, étape après étape.

Il est légitime pour moi, de vous dire qui je suis, où je me situe politiquement.

Lorsque je débat sur les réseaux sociaux, dans la vie, peu m’importe que la personne soit dans une mouvance politique plutôt que dans une autre, elle est avant tout citoyenne. En général, nous partons de ce qui nous unit avant de débattre de ce qui nous sépare.

 

Ma deuxième conclusion est reliée à mon métier.

Je suis professeur d’histoire et géographie de l’Education Nationale.

L’Ecole, l’apprentissage de notre langue, le français, l’étude de l’histoire, la transmission du Savoir, sont les meilleurs outils pour faire de nous des citoyennes et des citoyens dotés des possibilités de raisonner, de réfléchir, de choisir.

Nous pouvons disposer dans ce cas des outils nécessaires pour raisonner et exiger de nos politiques, des médias de répondre pleinement à nos demandes.

 

C’est cela la souveraineté !

C’est cela l’exercice de la citoyenneté.

 

Enfin, je suis comme vous qui me lisez.

Je doute, je cherche .

Je vous invite à me rejoindre, non pour moi, mais pour nous toutes et tous, et, à ce qu’ensemble nous redonnions un sens au serment de la citoyenneté.

 

Il ne sert à rien de se lamenter et d’affirmer que notre démocratie est en crise, que nos politique sont pourris, nos institutions déliquescentes, si nous ne faisons pas notre part de « job » !

 

Le blog n’est pas un énième collectif ou mouvement.

Non, c’est celui d’un citoyen-professeur, chargé du transmettre du savoir et des outils pour vivre librement et poursuivre notre recherche du bonheur.

 

Je vous invite, en me soutenant, à préserver mon indépendance, pour notre liberté.

Je vous invite ensemble à avancer sur les voies de la raison et non celles de la peur.

Je pourrais employer le terme de Résistance, mais je lui préfère aujourd’hui, une notion plus positive, plus optimiste, qui serait celle de rêver à un avenir, vivre mais vivre ensemble, formant une nouvelle Nation Souveraine.

 

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