Il était une fois...

03/08/2020
Les gilets jaunes à Caen. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP) - 17 - 11 - 2018
Les gilets jaunes à Caen. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP) - 17 - 11 - 2018

        Il était une fois...

02 décembre 2018
Il était une fois…


La révolte populaire accable Macron, devenu le symbole de « Président des riches ».
Est-il le seul responsable ?

Depuis 35 ans, exactement depuis 1982, deux grands partis de gouvernement se sont partagé le pouvoir, non parce que notre démocratie fonctionnait, mais grâce à une série de « votes utiles », de « votes barrages », de culpabilisation des citoyennes et des citoyens sur un « danger fasciste » fabriqué, sur un retour du « péril totalitaire communiste », puis par des culpabilisations successives sur l’incapacité du peuple de France à s’adapter.
A s’adapter à quoi ?
A la mondialisation qui a détruit les emplois, en les déployant dans les pays à bas coûts salariaux, à s’adapter à la concurrence, à la modernité, aux réformes qui ont affaibli, diminué, puis fait disparaître un à un les services publics. Dernier avatar, nous sommes coupables de polluer et nous refuserions de nous adapter à la transition écologique…
Nous sommes coupables et populistes.

Gauche radicale et extrême droite ont joué les rôles « d’idiots utiles », de repoussoir, permettant à la droite classique et aux socialistes, bref, les sociaux-démocrates, de se maintenir au pouvoir.
Ce fut une social démocratie qui a doublement renoncé, à la promotion du social pour les populations, et à la démocratie, sous les « contraintes », « réalités », « impératifs » économiques.
Les cotisations sont devenues charges sociales ; les services publics sont devenus des services non-rentables. La privatisation, l’intérêt particulier et partisan sont devenus le maître mot, accablant successivement les fonctionnaires d’être les paresseux de la Nation, les responsables de tous les maux de la société, puis la majeure partie de la population, incapable de s’adapter à la modernité, au rêve globalisé.
Une façade républicaine, sous une avalanche de réformes, promues par un personnel politique, toujours prenant « ses responsabilités », nous a été laissée.
Notre souveraineté populaire a disparu entre deux traités européens, et, avec elle, notre indépendance nationale.
Nous sommes mêmes devenus coupables de notre histoire et devons faire repentance, comme jadis, il fallait faire pénitence. La République égalitaire, fraternelle et libre, que nous appelons toujours de nos vœux, est coupable. Nombreux furent et sont encore, les intellectuels d’une gauche bien pensante à une droite décomplexée qui sont devenus les idiots utiles de cette République qui doit se repentir.

Si ! Un avenir, un seul nous était possible. L’Europe. Mais pas toute l’Europe. Non, une Europe de traités, une Europe qui peut voter à la majorité qualifiée des milliers de lois, mais surtout pas les lois essentielles, les Lois Sociales et les Lois Fiscales. Là, il faut l’unanimité…
Que de comédies de nos politiques pendant 35 ans, qui ont joué la farce de deux discours, deux attitudes. En France, ils accusaient l’Europe et transposaient les directives européennes. En Europe, ils ont voté des lois contre la France…
Maigre rêve, d’un avenir économique qui tourne le dos à un destin historique, culturel, démocratique d’un pays.

Pourtant en 2005, le peuple de France avait pressenti la duperie, la tromperie, le piège de cette fausse Europe des peuples, de cette fausse démocratie. Il ne peut y avoir de rêves, quand la seule valeur est celle de l’argent, soutenue par une Europe technocratique.
Nos élites, bien pensantes, de droite à gauche, se sont enfermées dans leurs convictions, leurs avantages, leurs pouvoirs, leurs petits pouvoirs de soumission aux plus puissants. Ils se sont enfermés avec les technocrates, les experts et les communicants, toutes et tous nouveaux cardinaux, évêques et prédicateurs d’une nouvelle religion, l’argent, dans le nouveau temple, l’Europe.

Ce monde, a, quotidiennement, matin, midi et soir, entonné la prière des annonces de la Bourse, Cac 40, Dow Jones, et autres fluctuations des matières premières de plus en plus en plus rares.
L’économie réelle est devenue virtuelle, les capitaux, par la libre circulation, imposée et voulue par le FMI, la Banque Mondiale, New York, Paris, Londres, Bruxelles et l’Europe ont circulé, s’arrêtant dans les paradis fiscaux, diminuant les rentrées fiscales par l’optimisation, appauvrissant chaque jour un peu plus les populations coupables, repentantes et inadaptées.
L’économie financière a confisqué les peuples en inventant les délocalisations des entreprises puis les travailleurs déplacés; elle a confisqué la souveraineté des peuples sur les espaces où s’exerçait la démocratie en supprimant les frontières au nom de la liberté de circulation, faisant disparaître les pays, donc les souverainetés, donc les démocraties… «Propaganda, où la fabrique du consentement… »

Une norme unique et totale est venue remplacer les vieux Etats, coupables de bloquer la libre entreprise, la libre circulation des biens, des personnes, des capitaux, des idées, des brevets…
L’Europe est cette entité unique, monstre froid et normatif, qui remplace nos « vieilles démocraties » de « peuples populistes ».
Mais au service de qui ? De complotistes ? Non, d’une logique financière. Rien de sorcier, de complotiste, juste la puissance de l’argent dominant tous les autres pouvoirs, pliant les hommes, les femmes à devenir des courtisans, à se soumettre pour une parcelle de pouvoir, de notoriété, aux « Puissants ».

Utopie ? C’est juste la poursuite de pratiques existantes…
Par exemple, en 1928, au château d’Achnacarry en Ecosse, les patrons des 7 plus puissantes compagnies pétrolières au monde, « les 7 soeurs » s’entendirent pour ne pas se faire concurrence, diminuer les coûts de production, de ne pas engager de dépenses de nature compétitive...
Jusqu ‘à l’écoeurement, au cynisme, ces mêmes groupes, sûr d’eux mêmes, des droits de leur richesse, ont poussé leurs pions, prenant le visage d’un Goldman and Sachs, d’actionnaires majoritaires discrets dans des groupes géants, sous couvert de FMI, Banque Mondiale et autre Europe, de rachat de la presse, de successives réformes de l’Education… Ventant la liberté sous toutes ses formes, ils ont imposé leurs volonté… Propagaganda ou la fabrique du consentement.
Les sujets périphériques sont devenus centraux dans les débats, seules grandes questions de sociétés pour lesquelles les députés peuvent s’affronter… Des millions de gens sombrent dans la misère et le chaos… mais il faut légiférer sur la vente libre du cannabis et la fessée !

La presse française dominaée par 10 milliardaires fut un relais et se soumit, jusqu’au ridicule, à la bassesse. Comme cette Une de l’hebdomadaire l’Express évoquant l’engouement du peuple, la « Macronmania» le 06 juin 2017. Au cours de l’année 2016, soixante seize Unes furent consacrées à Macron. Le pauvre, tel Louis XVI, il crut un instant que le peuple l’aimait pour de vrai.

Macron fut le dernier avatar, soutenu par la presse, les milliardaires et les Elites, véritables noblesses de cours. Il n’est donc pas le seul responsable. Combien de journalistes, politiques, et autres pseudo-intellectuels se plient à cette puissance ?
Par l’enchainement de cause à effet, il est à la fois le candidat choisi par la finance et le produit des renoncements successifs de la social-démocratie, et, enfin, dans le droit fil de la nature humaine, des différents membres de la sus-nommée social démocratie, composéE d’anciens socialistes, de faux républicains, de vrais centristes, toutes et tous traitres, formant un gouvernement de rencontre, comme jadis, notre pays en connu un en 1940...

Ils n’ont pas voulu voir que 34 % des Françaises et des Français ont refusé le choix entre Macron et Le Pen aux Présidentielles de 2017, puis 53 % ont refusé de participer aux législatives au premier tour, puis enfin près de 65 % des Françaises et des Français n’ont pas voté au second tour des législatives. Ils ont refusé de voir qu’il n’y a jamais eu de Macronmania, mais qu’elle fut fabriquée… Ils n’ont pas vu que ce sont eux-mêmes qui refusent de s’adapter au changement climatique, qui refusent de renoncer à leurs privilèges, qu’ils sont dans la plus complète utopie, privant leurs propres enfants d’un avenir sur la planète, en l’épuisant chaque jour un peu plus.

Mais voilà, le peuple est là… populiste, tout de jaune vêtu, quelques dizaines de milliers, moins nombreux que les 1 % les plus riches, mais soutenu par la majorité de la population…
Si c’est juste une colère, une jacquerie, alors on retournera encore pour quelques temps sous la domination de l’Europe social-démocrate..

Si c’est une crise, une révolution, elle peut être salutaire, mais…
Sans structure, sans idée, sans programme, sans démocratie, sans connaissance de l’histoire, cette colère populaire, peut amener un vrai pouvoir populiste.
En 1936, les grèves furent joyeuses et se terminèrent par des accords, avec l’État, les patrons et les syndicats.
En 1944, communistes et gaullistes, structurés dans le GPRF, fruit des épreuves de la Résistance, ont refondé la République et livré les Ordonnances de 1944.
En 1968, la crise est sociétale, elle n’est pas encore économique…
Mais aujourd’hui ?
La crise est plurielle, à la fois économique, sociale, politique, religieuse… Qui sera capable de structurer, d’organiser et de rendre la démocratie au peuple de France sans la confisquer ?

Gilles PORTAZ - Mons en Provence - 02 décembre 2018
  Guydel          10 janvier 2021 - 17:41   
UN mot de la dernière phrase retient toute mon attention: QUI ? Il y a quelques années que j'ai renoncé à voter, non par manque de conviction ou par manque d'envie, mais par manque de savoir pour QUI ! Hollande avait dit "mon ennemi ... c'est la finance" ... j'en ris encore ! Coluche a créé les Restos dans l'espoir qu'ils ne dureraient pas, qu'ils seraient juste le poil à gratter qui devait ouvrir les yeux des responsables politiques sur la pauvreté qui existait ... 35 ans après les gouvernements continuent à profiter de leur existence pour surtout ne rien faire pour les plus défavorisés ! Le SMIC a augmenté de combien de % cette année ?
Je finis par croire qu'une révolution de temps en temps ne fait pas de mal !!!
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