Défense et illustration d'Elisabeth Moréno

06/09/2020

Défense et illustration d’Élisabeth Moréno

Défense et illustration d'Elisabeth Moreno


Réflexion générale...
Je parcours les nouvelles estivales qui oscillent entre retour du pangolin, pandémie et vacances surveillées.

Un remaniement ministériel a eu lieu en France au mois de juillet.
On m’a dit que c’était un « homme blanc » qui est devenu Premier Ministre, que c’était une « femme noire » qui était entrée au Ministère de l’Egalité homme/femme. J’en déduis donc qu’un « homme blanc » est égal à une « femme noire » en France.

Si changements de ministres il y a, cela ne veut pas dire changement de politique, mais au moins notre pays progresse-t-il dans la fragmentation de la communauté nationale des Citoyennes et Citoyens en lui substituant la couleur de peau, les origines, les confessions, les inégalités sociales… au mérite, à la compétence et à la définition de citoyen.

Porter le titre de citoyen ou citoyenne était, jadis, un pas dans l’égalité, du moins c’est ce que j’avais appris et cru comprendre à l’Ecole de la République…

Mais aujourd’hui j’ai compris que j’étais un autochtone de la République. D’autres sont des indigènes de la République, d’autres encore se définissent comme membres de communautés, qui de religieuses, qui de couleurs, qui d’orientations sexuelles, qui d’origines ethniques…

Je calcule les égalités possibles, les degrés, les parts, les privilèges, les « droits » qui permettent à ces communautés de « vivre ensemble » sur un territoire.
Il y a les membres VIP, ils sont « blancs », « énarques », « inconnus » et peuvent devenir Ministre. Elles sont « filles d’origines modestes » mais « noires » et ont gagné une visibilité à la loterie de la République.

Suis-je en absurdie ?
Je cherche dans ma vieille échelle de valeurs.
Je suis blanc, descendant d’ancêtres qui appartiennent à un pays colonisateur, qui doit se repentir jusqu’à la fin des temps.

Aïe ma situation se complique.
Une partie de mon ethnicité est en conflit avec moi-même.
Je réfléchis à ce que ma communauté demande des comptes aux italiens-romains pour avoir « envahi » la Gaulle devenue la France – mais quelle communauté ? Française ? Gauloise ? Provençale ? -

Ma situation se complique encore.
Mes enfants sont en parties asiatiques, Vietnamiens plus exactement.
Sont-ils indigènes, « jaunes », autochtones ?
Vont-ils demander à ma partie blanche de se repentir de la colonisation ?
Sont-ils en conflit avec eux-mêmes, freudiennement, entre le 1/16 chinois, le 1/8 vietnamien, le 1/2 français, composé lui même de 1/37 d’italien, 1/58 d’espagnol et 1/74 de ?

Mince, j’ai oublié d’intégrer dans le calcul que ma compagne est américaine.
Comment mes indigènes, autochtones, jaune clair, « blanc foncé », de fils vont-ils réagir sur leur partie Vietnamienne ? Bon, un point positif, elle est née à Hong Kong, donc en partie asiatique.
Horreur, je m’aperçois, qu’elle va me demander de me repentir des conquêtes napoléoniennes du temps ou sa famille vivait en Russie…

Je suis épuisé, l’équation est impossible à résoudre.
Je viens de perdre mon identité de Citoyen de la République Française, celle fondée sur une devise, « liberté, Egalité, Fraternité ».
Ce pays, qui, jadis, universaliste, accueillait les personnes opprimées, leur accordait un unique passeport de citoyenneté, en leur disant que peu importe la couleur de peau, les origines, la religion, elles devenaient citoyennes ou citoyens, fondant l’égalité avec tous les autres. Elles devaient seulement respecter la liberté de penser, de paroles, d’expression, d’opinions, de croyance de tous les autres, membres d’une seule et même communauté, la Communauté Nationale.
Nous avions dépassé, tout en acceptant les différences, la hiérarchisation en « races », en couleurs, en religions. C’était la liberté d’être soi-même ou les différences ne sont plus des inégalités mais une richesse des origines, des parcours de vie, des pays, des cultures.

Nous construisions ensemble l’idée de vivre une communauté nationale de destins.

Il y a certes une vision un peu idyllique dans mes propos, mais c’est dans cet esprit que j’ai vécu mes classes de l’école de la République.

C’est dans cette communauté Nationale qu’Elisabeth Moreno est entrée, à 7 ans en 1977.
Ce n’est pas l’objet des présentes lignes de disserter sur l’action gouvernementale de l’actuelle majorité.

Je m’indigne, ici, du traitement que certains et certaines réservent à une citoyenne de la République Française, Elisabeth Moreno.

Quels sont les faits ?

Une petite phrase met le feu aux poudres. Elle crée l’émoi, et, dans une posture scandalisée, quelques personnes, et de nombreux médias, considérant cela comme une information de la plus haute importance, s’empressent de relayer.

Elisabeth Moreno déclarait en 2018 qu’il n’était pas utile d’installer « une gène devant les machines à café » à propos de blagues sexistes pouvant être échangées lors des pauses.

Pour de nombreuses associations féministes, il y a là délit d’opinion.
C’est simplement une posture pour exister dans l’espace médiatique.

Il est passé sous silence par ces « boutiquières, essentiellement occupées à faire fructifier leur fonds de commerce idéologique » ( 16/07/2020 – Natacha Polony – Marianne), qu’Elisabeth Moreno veut s’attaquer aux différences salariales dans l’entreprise, au féminicide.

Il est aussi passé sous silence, que par l’exemple même qu’elle représente, le mérite dans l’école de la République n’est pas un vain mot. L’hebdomadaire Marianne est le seul à souligner qu’il faudrait s’attaquer au problème des trafics dans les banlieues qui dévalorisent toute action de justice, de mérite et d’efforts dans l’école et dans la société. Pas un mot de cela dans les grands médias qui relayent l’information.

Elisabeth Moreno représente ce que notre République peut promettre et offrir de meilleurs à ses enfants quand on encourage, le travail, le mérite, les efforts et bien sûr la culture générale.

La culture, la nécessité de connaître l’histoire, de faire un travail de mémoire et non de repentance, autant de domaines qu' Elisabeth Moreno semble embrasser.
A juste titre, le journal Le Point cite-t-il’la Ministre sur la question des relations avec l’Afrique, lors de son discours de prise de fonction, « L'Afrique n'a plus besoin de concours de bonté », a-t-elle indiqué, ajoutant qu'« il est temps que l'Afrique arrête de mendier sa place dans l'histoire ».


C’est donc avec un a priori favorable, que nous pouvons saluer l’arrivée d’Elisabeth Moreno comme Ministre de l’Egalité Homme Femme.
Le doute qui subsiste est qu’il sera compliqué de faire progresser des causes républicaines, quand les choix du gouvernement actuel sous la Présidence d’Emmanuel Macron, sont dirigés par une logique économique et financière…

Mais Elisabeth Moreno a eu le mérite de poser les problèmes et d’utiliser une échelle de valeurs et de hiérarchiser les priorités dans ce qui fondent les progrès sociaux et sociétaux.

Devant la machine à café, avec une collègue, je viens de retrouver dans ma comptabilité les 1/22 d’Afrique qui me manquait même si je me demande comment en ayant perdu Dupont Moretti comme avocat je vais pouvoir intenter une action en justice demandant réparation de la disparition de l’Homme de Néandertal sous la férule de l’Homo Sapiens Sapiens que nous sommes devenus !


Sources
https://www.lepoint.fr/afrique/elisabeth-moreno-ministre-malgre-toutes-les-cases-de-l-impossibilite-07-07-2020-2383362_3826.php
https://www.marianne.net/debattons/editos/elisabeth-moreno-ces-feministes-outrees-par-la-promotion-d-une-femme
https://www.terrafemina.com/article/elisabeth-moreno-ces-phrases-de-la-nouvelle-ministre-a-l-egalite-femmes-hommes-qui-font-tiquer_a354391/1
https://www.instagram.com/p/CCdhtlmjT47/

 
Laissez un message (votre adresse de messagerie ne sera pas publiée)



En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour nous permettre de réaliser des statistiques de visites. En savoir plus
J'accepte
Je refuse